19/10/2012

La nouvelle majorité PS-CdH mettra-t-elle vraiment en place une réelle politique culturelle à Couvin dans les 6 années de la prochaine mandature ?

 

Force est de constater qu’il n’y a jamais guère eu de réelle politique culturelle digne de ce nom à Couvin, et ce depuis plusieurs « législatures ». La culture ne ferait-elle pas recette en politique ?

  C’est notamment ce qui s’était quelque peu dégagé de la rencontre citoyenne organisée par le CIAC et les « travailleurs socioculturels indignés » lors de la dernière campagne électorale d’octobre 2012.

 Certes, en son temps, Christian Colle et certains de ses proches ont eu le grand mérite de créer un Centre Culturel structuré et reconnu, lequel porte maintenant son nom, à titre posthume ,et cela est bien mérité !

 Pour s’entendre ensemble sur ce l’on peut comprendre par « culture », je reprendrai la définition de l'UNESCO :

 « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »

 

 Ce "réservoir commun" évolue dans le temps par et dans les formes des échanges : il se constitue donc en manières distinctes d'être, de penser, d'agir et de communiquer.

 

De ce point de vue, le rapport de l’Homme ou de la Femme, et donc du Citoyen, à la « culture » traduit son humanité, sa profondeur, son étoffe, ses capacités de créativité et d’enchantement, et par conséquent sa vérité.

 

Couvin doit proposer à ses citoyens, à ses résidents – permanents ou temporaires – un cadre de vie culturel qui leur permette de s’épanouir, de se détendre, mais aussi de s’enrichir de nouvelles connaissances, de nouveaux savoirs, dans une ouverture d’esprit et de réflexion.

 

            Si nous voulons attirer de nouveaux citoyens qui viennent s’implanter chez nous,

 

            si nous voulons empêcher la fuite de nos capitaux humains vers d’autres villes et d’autres régions, « plus riches » en emplois ou en cadre de vie culturelle,

 

            alors  Couvin doit se doter d’une réelle politique culturelle au service de toutes et tous : la culture deviendra alors , dans une dynamique d’aller-retour complémentaire :

d’abord un  tremplin et un levier pour l'économique – en créant et en pérennisant des emplois d’animateurs et de spécialistes, et donc en créant de la valeur ajoutée - , ensuite, un outil pour le social, - en créant des réseaux sociaux et une citoyenneté participative -, et  enfin un vecteur de réflexion qui soit un moteur de changement et de progrès.

 

Nous avons déjà des atouts, présents, mais insuffisamment connus et sous-utilisés par la population, insuffisamment visibles et « promotionnés ».

 Très concrètement, je pense bien évidemment au Centre Culturel Christian Colle , au réseau des bibliothèques publiques et communales, aux 2 syndicats d’initiative de Couvin et de Mariembourg, aux nombreuses asbl du monde associatif, au cercles d’histoire locaux, aux « Jeunesses » des villages, aux comités des fêtes de villages ou de quartiers, aux fanfares et harmonies locales, etc.

 Nous devons rendre tous ces acteurs socioculturels couvinois plus visibles, plus opérationnels, en tissant entre eux de réels partenariats et des complémentarités, et en demandant à l’un de services de coordonner et de fédérer l’ensemble des actions.

 Ensuite, créer un service – communal ? privé ? mixte ? -  qui puisse accompagner et aider les associations de terrain à bien se faire connaître, à respecter la loi sur les asbl, et à rechercher les subsides – auprès des organismes  communautaires, régionaux et même européens -  au bon endroit et au bon moment.

 Egalement, dégager dans le patrimoine bâti communal, des lieux de rencontres, d’expositions, de réalisations de spectacles et performances, où les artistes puissent aussi répéter.

 Enfin, se mettre à l’écoute des citoyens pour qu’ils deviennent  eux-mêmes acteurs de leurs investissements culturels : la culture , dans sa vaste exploration de la société , pourra alors se décliner en diverses actions concrètes, où  les citoyens couvinois ne seront pas seulement des consommateurs passifs , mais seront surtout des acteurs dynamiques : spectacles et théâtre de rue , théâtre action, musiciens de rue, artistes et artisans exposant dans les lieux typiquement pittoresques ou historiquement chargés de sens, expositions, spectacles pour grand public , ou plus intimistes …

 

Tout devient alors possible.

 

Nos nouveaux échevins et les conseillers communaux de la nouvelle majorité seront-ils à la hauteur de la tâche ?

 

Luc THOMÉ ,

 

Master en Politiques Economiques et Sociales (UCL/FOPES, 2011)

Membre de la Commission du Programme Communal de Développement Rural (PCDR)

Directeur honoraire dans l’enseignement secondaire

Commentaires

Fraîchement élue au conseil communal couvinois, ma voix ne sera sans doute pas la plus forte! Toutefois, très soucieuse du devenir touristique et culturel de ma commune, je tenterai de m'impliquer un maximum dans les projets ou attentes en ces matières!

Écrit par : Cosse Véronique | 19/10/2012

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Bien chère Véronique,
Au vu de ta fonction actuelle, dans l'organigramme de l'Office du Tourisme en Wallonie, et de par les échanges constructifs que nous avons déjà eus toi et moi lors de certaines séances au PCDR , notamment concernant le tourisme à Couvin, je ne doute pas un instant que tu essayeras de faire entendre ta voix , et de conseiller utilement l’Échevin en charge de ces dossiers , Eddy Fontaine , lui aussi du PS. J'aimerais souligner que le tourisme à Couvin ne doit pas ... ne doit plus se limiter aux seules exploitations des Grottes de Neptune , et au site de l'Abri d'Hitler ! ( même si ce dernier est nouvellement promotionné et soutenu par la Province ... ) Réduire Couvin aux Grottes et à l'Abri, c'est quand même fort réducteur. Une piste , parmi d'autres : des partenariats public-privé seraient sans doute très porteurs . Puisque mon mémoire de Master en Politiques Économiques et Sociales avait justement le tourisme à Couvin comme sujet d'étude , je suis particulièrement attentif à ces questions pour les 6 ans qui viennent.

Luc Thomé, titulaire du blog Couvy-Blues

Écrit par : thomé | 22/10/2012

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