19/11/2012

Qui veut la disparition de l’esprit d’entreprise et du commerce à Couvin ? Pourquoi et comment vouloir la mort lente des commerçants, des indépendants et des entrepreneurs couvinois ?

 

Qui veut la disparition de l’esprit d’entreprise et du commerce à Couvin ?

Pourquoi et comment vouloir la mort lente des commerçants, des indépendants et des entrepreneurs couvinois ?

 

 

En 1981 , le colombien Gabriel García Márquez, romancier, nouvelliste et journaliste , - qui sera  élu prix Nobel de littérature en 1982 -, publie un roman qu’il intitule :

Chronique d'une mort annoncée .

 Ce roman sera ensuite adapté au cinéma par Francesco Rosi en 1987.

 

Chronique d’une mort annoncée est un roman hallucinant, qui relate une vendetta interfamiliale. Deux frères, pour venger l’honneur de leur famille, vont assassiner l’un de leurs amis, et ils le font savoir haut et clair à tout le monde ! La rumeur va augmenter, pour alerter  finalement le village tout entier, à l’exception de la future victime, qui sera réellement poignardée, devant tout le monde … qui savait, mais n’a rien fait pour l’empêcher.

Pourquoi le crime n'a-t-il pu être évité ? Les uns n'ont rien fait, croyant à une simple fanfaronnade de jeunes gens ; d'autres ont tenté d'agir, mais l’enchevêtrement complexe de contretemps et d'imprévus, et aussi l'ingénuité ou la rancœur, et même les sentiments contradictoires d'une population vivant repliée, en vase clos dans son isolement local, ont permis et  même facilité la mise en place des mécanismes de mort ….

 

Je m’autorise l’évocation de ce roman qui, en son temps, m’avait interpellé, pour le mettre en parallèle avec une situation que nous risquons bien de connaître dans les mois qui viennent à Couvin.

 

De quoi s’agit-il ? De nouvelles taxes communales qui viennent tout récemment d’être avalisées et approuvées lors d’un conseil communal  peu après les élections communales d’octobre 2012. Une saine réflexion et un réel débat constructif à propos de ces taxes semblent bien avoir manqué dans les moments précédant le vote : soit que certains mandataires communaux étaient dans l’euphorie d’une récente victoire électorale, leur permettant de siéger dans la prochaine majorité, soit que d’autres, au contraire, étaient enfermés dans une amertume et une déconcentration dues au fait qu’ils seraient bientôt dans les rangs de l’opposition …

Toujours est-il que ces taxes pour l’exercice 2013 ont bel et bien été votées, manifestement dans l’indifférence des impacts négatifs et destructifs qu’elles ne manqueront pas de provoquer dans les mois à venir.

 

Concrètement , les deux taxes communales en question concernent :

 

1° : « les panneaux publicitaires fixes » :

 

A savoir les panneaux destinés à l’apposition d’affiches à caractère publicitaire, par voie de collage, agrafage, peinture, ou tout autre procédé quelconque, ainsi que les affiches en métal léger ou en P.V.C., visibles d’une voie de communication ou d’un endroit fréquenté en permanence ou occasionnellement par le public, et existant au 1er janvier de l’exercice d’imposition. Si le propriétaire du panneau n’est pas connu, la taxe sera due par le propriétaire du terrain, du mur ou de l’endroit où se trouvent le ou les panneaux, ou par le locataire du panneau.

Cette taxe est fixée à 0,50 euro par dm² de superficie du panneau, et par an.:

 

Pour rappel, un dm² fait 10 cm, sur 10 cm. Dans un mètre carré (100 cm sur 100 cm) , il y donc 100 dm² : donc, un panneau de 1m sur 1m sera taxé : 50 euros !

 

2° : « les enseignes et publicités, directement ou indirectement lumineuses ou non » :

 

Est réputée enseigne, toute inscription, même peinte ou sur papier, visible de la voie publique, existant dans un lieu donné et ayant pour but de faire connaître au public, le commerce ou l’industrie qui s’exploite audit lieu, la profession qui s’exerce et généralement les opérations qui s’y effectuent.

Sont assimilées à des enseignes, les publicités qui, placées à proximité immédiate d’un établissement, assurent la promotion de cet établissement ou les activités qui s’y déroulent et les produits et les services qui y sont fournis.

De même, est une enseigne tout panneau, store, drapeau et dispositif du même type, même sans inscription, permettant, par sa couleur, d’identifier l’occupant.

Sont visées les enseignes et publicités assimilées visibles de la voie publique, existant au 1er janvier de l’exercice d’imposition.

La taxe est fixée comme suit :

0,10 euro le dm² pour les enseignes et/ou publicités assimilées

0,20 euro le dm² pour les enseignes et/ou publicités assimilées lumineuses.

 

Ainsi donc : 10 ou 20 euros le mètre carré, pour le non lumineux et pour le lumineux.

 

DONT ACTE !

 

Nos mandataires communaux, nos élus couvinois ont-ils bien réfléchi aux divers impacts financiers d’abord, puis socio-économiques, et enfin humains et familiaux …  que ces taxes vont provoquer dans la gestion financière des commerçants, des indépendants, des industriels, des exploitants de notre localité dans les mois qui viennent ?

 

Pour information, dans certaines communes avoisinantes : Froidchapelle et Cerfontaine ne réclament aucune taxe de ce genre ! A Florennes, la taxe sur les panneaux publicitaires est de 5 euros du mètre carré, et à Chimay de 7,50 euros du mètre carré : nous sommes bien loin et nettement plus bas que les 50 – lire cinquante ! – euros demandés par Couvin.

 

J’en interpelle donc nos élus et mandataires communaux, de tous les partis,  qui vont poursuivre la gestion de notre commune couvinoise dans les prochaines majorités et oppositions dès le mois de décembre 2012 !

 

Notre monde socio-économique est en crise, engagé dans une réelle récession : le problème est transnational et planétaire : celles et ceux qui refuseraient de le voir sont des irresponsables irrespectueux du genre humain. Le débat fait rage entre économistes, et entre « politiques » pour savoir s’il faut poursuivre des politiques d’austérité, ou de relance, avec des plans de solidarité et d’aides. « Droite » et « Gauche » s’opposent et se contrarient !

 

Bien concrètement, restons attentifs sur notre réalité locale couvinoise.

Certes, les besoins du CPAS couvinois et des Echevins responsables des diverses affaires sociales,  vont sans nul doute être accrus dans les mois qui viennent, pour aider tous les allocataires sociaux qui vont de plus en plus émarger aux CPAS, ou bien qui vont demander des aides et des assistanats ciblés.

Certes, le problème des recettes communales va être au centre des débats et, en corolaire, la question des dépenses et des investissements futurs ..

 

Mais que veut-on vraiment ? Si l’on veut attirer à Couvin d’éventuels nouveaux résidents permanents, avec un possible apport plus riche d’IPP, si l’on veut attirer à Couvin des touristes qui viennent gonfler nos recettes par leurs achats … alors nous devons rendre Couvin attirant, attractif, accueillant et motivant, avec des commerçants, des artisans, des exploitants, des entrepreneurs et des industriels qui SE MONTRENT et METTENT EN EXERGUE LEURS COMPETENCES ET LEURS SAVOIR-FAIRE.

 

Or, pour se montrer et pour se vendre … en termes de Marketing et de Publicité … il faut qu’ils déploient leurs publicités, leurs enseignes, ni plus, ni moins.

 

Alors, soit nos indépendants – commerçants, entrepreneurs et autres – paient ces nouvelles taxes exorbitantes , ce qui pour certains pourrait sonner le glas de la disparition progressive de leurs activités … car la crise frappe  tout le monde …

Soit nous pourrions assister à un retrait, voire une disparition totale des affiches, panneaux et enseignes … pour ne pas devoir payer les taxes, mais ce manque de visibilité serait lui aussi synonyme de mort lente de l’activité et d’apparition de problèmes socio-économiques et familiaux pour les indépendants concernés.

 

Par conséquent, d’une manière ou d’une autre, en allant chercher de l’argent dans la caisse des indépendants, qui travaillent et s’investissent dans leurs activités, pour nourrir les caisses des recettes communales, ne va-t-on pas provoquer, à terme, la mort lente et la disparition annoncée de nos indépendants locaux ?

Avec une localité de plus en plus triste, de plus en plus grise et morose – sans les couleurs et sans les lumières des panneaux et enseignes divers ? Tout cela provoquant petit à petit la mort lente de Couvin, qui cessera d’intéresser et d’attirer soit de nouveaux citoyens, soit des touristes qui iront ailleurs ?

 

Mesdames et messieurs les mandataires communaux de 2013 à 2018, réfléchissez bien et agissez de manière constructive !

 

 

Luc THOMÉ,

 

Membre actif au sein du MR COUVIN

Master en Politiques Economiques et Sociales.

 

 

Commentaires

Un de mes correspondants FB, Frédéric Corman, me rappelle que nous avons déjà à Couvin la taxe de séjour la plus élevée de la région! Même à Durbuy, c'est moitié prix...De plus, dit Frédéric, n'oublions jamais que l'éclairage produit par les enseignes du secteur Horeca reste un garant de sécurité le soir lorsque la ville paraît morte. Chers élus, propose-t-il, taxez plutôt le manque de propreté des façades et trottoirs, là il y a un potentiel financier terrible!
A cela, j’ajouterai que voici quelques jours, j'ai remonté la rue du Bercet vers 22 heures . Les enseignes lumineuses du "Lindbergh", et "Duplex", de "La Table de Nanou", du "Bercet" et enfin de "L'Harmonie" étaient éteintes ! Seul éclairage PUBLIC : le phare - avec son cône de lumière restreint - au-dessus du passage pour piétons devant l'AR Jean Rey. Bref, en plein centre de Couvin, de soir et/ou de nuit, la rue du Bercet devient un véritable traquenard où l'on peut se faire attaquer, rançonner, voler voire trucider ! Aucune lumière, rue vide de témoins ! La "ZONE" ! C'est vrai qu'avec les enseignes lumineuses de l'Horeca et des commerçants, c'est plus clair, plus lumineux, plus sécurisé et plus sécurisant, pour tout le monde. En taxant rageusement les enseignes, non seulement on attaque les indépendants et commerçants, mais on condamne aussi et en même temps un volet de la sécurité citoyenne ! Qu'en pensent nos élus et nos mandataires communaux ?

Écrit par : thomé | 19/11/2012

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En suivant cette politique de taxation jusqu'au bout, il me semble logique de poursuivre les "taggeurs" ( voir le pauvre wagon à l'entrée de la gare), les différents murs des couvinois ayant eu à souffrir de ces "artistes", quant aux différentes lumières et enseignes , les plus voyantes sont pourvues de guirlandes autour de la vitrine et se trouvent justement être les night shops!!!! alors????? on va taxer? j'attends la suite avec beaucoup d'impatience!

Écrit par : matis fany | 19/11/2012

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Le plus triste est que nos mandataires MR étaient dans la majorité qui a proposé cette taxe !
Je viens de parcourir la N5 (entre Frasnes et Couvin), le nombre de très grandes enseignes est énorme... la taxe le sera aussi...
Quid du petit commerce de village qui a bien du mal à faire un petit bénéfice?
Autre question : comment mettre en oeuvre cette taxe ?
Un employé communal va-t-il en faire l'inventaire complet et correct en prenant son échelle et son double-mètre ?
Et ceci avant le 1er jan 2013 ?
A-t-il le droit de pénétrer sur une propriété privée pour effectuer ses mesures ?
Ou bien une simple déclaration du contribuable sera suffisante ?
Certaines enseignes sont très complexes (dessin ou texte au néon, plusieurs lignes, etc.). Quelles sont les règles pour déterminer la surface taxable ?
Quid des panneaux pubicitaires obsolètes abandonnés par le pubiciste sur le mur d'un tiers ?
Et beaucoup d'autres questions de ce type ...
Encore une fois un dossier mal préparé, mal réfléchi, propre à l'incurie sinon à la débilité des mandataires locaux !!
Je ne suis pas opposé à une telle taxe, mais elle doit être raisonnable, acceptable, et sa mise en oeuvre doit être pragmatique. Elle doit aussi être égalitaire et équitable.
Comment vérifier que celle-ci sera payée par tous et au juste montant ?
Je pense déjà aux amis des amis qui seront dispensés du paiement (on n'a pas connaissance de l'enseigne..) ou dont la surface taxable sera réduite au minimum !!!
Comment le citoyen lambda pourra-t-il vérifier la justesse de cette imposition (je pense à la taxe "poubelles" qui présente de nombreuses erreurs, omissions ou impositions indues) et comment vérifier que mon confrère aussi commerçant n'est pas "oublié" vu que son enseigne est d'un rouge vif ou bien d'un bel oranger ???
Au fait ? Une plaque de médecin, de notaire, d'avocat, d'architecte, de dendiste, c'est aussi taxable ?
Un panneau promotionnel à l'intérieur d'une vitrine, c'est taxable ?
Une affichette derrière une fenêtre annoçant "lapins à vendre", c'est taxable ?
Une plaque sur une maison "Protégée par Sécuritas" c'est taxable ?
L'annonce des messes devant une église, c'est taxable ?
Une solution peut-être ? Dépendre toutes les enseignes le 1er janvier et les rependre le 2 janvier !! lol

Écrit par : Jean-Louis Bodart | 20/11/2012

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