10/12/2012

Couvin aux mains du PS-CVN : pour un mieux ?

Et voilà : les 6 ans qui viennent vont voir la nouvelle majorité PS-CVN(CdH) à l'oeuvre !

MR et IC réunis dans l'opposition sous la banière libérale .

 

Dont acte.

Pour voir les débuts : cliquez sur le lien suivant

 

 

http://www.canalc.be/index.php?option=com_content&view=article&id=100003212:Couvin%20:%20une%20majorit%C3%A9%20forte%20et%20une%20opposition%20unie&catid=8:couvin--viroinval--doische&Itemid=73

 

Je parie que tout ça sera bien plus palpitant que le "nouveau Dallas" !

 

 

 

04/12/2012

C'est quoi, "l'écotourisme" équilibré ?

 

1. 1. L’écotourisme dans l’histoire du tourisme.

 

L’écotourisme est à placer comme quatrième étape dans le cheminement historique du développement du tourisme. L’histoire du tourisme est récente et moderne, très contemporaine. Cette histoire, certes brève, nécessite quelques précisions pour en saisir toute la complexité et partir efficacement  à la découverte de la nébuleuse du tourisme. Si Marc BOYER fait autorité  dans ses ouvrages, d’autres analystes comme Arthur HAULOT, Florence DEPREST, Stéphane LECLER, Claude DUTERME soit le rejoignent, soit diffèrent parfois quelque peu de lui dans leur analyse, et nous nous inspirerons de ces cinq auteurs pour proposer la structure historique qui va suivre, en quatre étapes.

La première étape irait de la fin du XVIIe au XVIIIe : elle concerne la création de certaines pratiques bien spécifiques des membres de la « upper class » britannique : les pratiques  soit de villégiature, tantôt estivale, tantôt hivernale, soit de « Grand Tour » sur le continent européen. Cette dernière pratique, d’abord initialement spécifique aux jeunes aristocrates anglais, sera peu à peu imitée par les principales aristocraties du continent. (LECLER, 2008 : 49). Pour Boyer, cette étape serait celle de « l’invention de distinction, par des ‘gate-keepers’, très vite suivie par l’imitation dans les hautes couches de la société. » (BOYER, 2006 : 5 ; 1999 : 16-17).

La deuxième étape couvrirait le XIXe, jusqu’aux environs de 1920. Culturellement parlant, elle correspond assez étroitement au développement du mouvement artistique Romantique, qui va faire découvrir les grands paysages de montagnes et de lieux marins, qui va faire éclore l’intérêt et la passion pour les vieilles pierres et pour les monuments. Socio-économiquement, elle épouse les bouleversements de la Révolution industrielle et des grandes découvertes technologiques de l’époque. Pour Boyer, durant ce XIXe, la nouvelle bourgeoisie montante voyage peu, mais plutôt imite l’aristocratie en fréquentant les stations balnéaires et les lieux de cures thermales. (BOYER, 1999 : 17-18). Pour Deprest, par contre, ce serait déjà dans le courant du XIXe que la bourgeoisie se met elle aussi à voyager et à visiter, faisant alors entrer la pratique du tourisme dans une logique de temps de loisir, opposé au temps du travail. (DEPREST, 2006 : 30-31). Mais, quoi qu’il en soit, dans cette deuxième étape, le tourisme reste profondément élitaire.

La troisième étape serait celle de la massification du tourisme et de sa diffusion dans le monde du travail : dans la haute bourgeoisie d’abord – professions libérales, fonctionnaires de rang élevé, industriels, homme d’affaires et capitaines d’industrie –,  puis dans la petite bourgeoisie,  avec notamment l’étoffement des classes moyennes – « les cols blancs » et les « tertiaires » , fonctionnaires moyens et modestes, enseignants, retraités , travailleurs à statut privilégié et élite ouvrière –  , et enfin chez les ouvriers, très certainement à partir de la très « mythique année 1936 ». (HAULOT, 2006 : 20-21, et DEPREST, 2006.) Elle s’étalerait donc, avec des paliers progressifs, des environs de l’après Première Guerre Mondiale à la fin des années 1980. (BOYER, 1999 : 19-21)La période plus spécifique des « Trente Glorieuses » va voir s’améliorer les moyens de transport avec  notamment la vitesse accrue et l’agrandissement du parc automobile, le développement de l’aviation ,  avec les infrastructures y attachées démultipliées, et va voir s’installer l’industrialisation des services touristiques avec le  marketing agressif des tours-opérateurs  (BOYER, 1996 : 125) qui transforme le touriste non plus en producteur de l’acte touristique, mais en pur et simple consommateur ( DEFREST, 2006 : 37). Ainsi, pour les tour-opérateurs,  il convient  de grossir leur part du marché hautement concurrentiel – la compétition grandit entre les acteurs locaux, régionaux, nationaux et internationaux -  des destinations touristiques : il faut afficher des caractéristiques spécifiques et offrir des conditions de base en termes de sécurité, d’attractivité, de développement des infrastructures, de diversifications des produits, etc., tout en minimisant les coûts sociaux et environnementaux et en optimisant les retombées positives, tant pour le secteur public que pour le privé. (DUTERME, 2006)

La quatrième étape, celle de « l’ÉCOTOURISME », serait « à la charnière » entre les XXe et XXIe siècles, charnière pivotant entre les années 1980 et la première décennie du troisième millénaire. L’accroissement de la commercialisation et de l’industrialisation du tourisme « de masse », provoquant des impacts négatifs voire dangereux pour l’environnement,  a très certainement induit la création et l’organisation d’institutions et d’organisations spécifiques qui sont appelées à gérer ‘ce tourisme qui explose,  qui met la planète à mal’ , pour mettre des cadres et des référents, soit en légiférant, soit en publiant des recommandations, tantôt locales, régionales, nationales, internationales.

En 1976 est créée l’OMT, « Organisation Mondiale du Tourisme » en tant qu’organisation auprès des Nations Unies. Depuis 2003, l’OMT est intégrée dans le système de l’ONU, en tant qu’institution spécialisée, au même rang que l’OMS, la FAO ou l’Unesco, et donc comme la seule organisation intergouvernementale responsable en matière de Tourisme. L’OMT, dont le siège est à Madrid, est reconnue comme une agence d’exécution du PNUD[1] au sein du système des Nations Unies, et elle  réunit son Assemblée Générale tous les deux ans dans un pays différent. Elle regroupe 125 "membres effectifs", pays et territoires, quelques membres associés, ainsi que plus de 300 "membres affiliés" des secteurs public et privé, et, avec le Vatican, un observateur permanent. Elle est ainsi le seul organisme intergouvernemental ouvert au secteur privé. Elle a pour mission de "promouvoir et de développer le tourisme en tant qu’important instrument de paix et de compréhension internationales, favorisant le développement économique et le commerce international".

Depuis 2002, une nouvelle charnière se confirme : la liaison du tourisme au développement durable, par l’implantation d’un écotourisme et d’un tourisme éthique. Dans la foulée du 2ième Sommet de la Terre de Rio en 1992,  l’année 2002, avec le 3ième Sommet de la Terre qui s’est tenu à Johannesburg deviendra donc sans doute une date-clé et une étape charnière pour de nouvelles orientations touristiques au niveau mondial. En effet, l’OMT y reconnaît l’importance et la priorité du Développement Durable pour « changer les modes de production et de consommation non durables, et, dans le domaine de l’environnement, pour gérer durablement les ressources naturelles en faveur du développement », afin de relever  les nouveaux défis et les nouvelles solutions sur la voie d’un développement social et économique plus durable et plus équitable.

Toujours en 2002, l’OMT a tenu à Québec, au Canada, le Sommet mondial de l’écotourisme pour en fixer les cadres et les référents tant internationaux que nationaux et locaux. Plus concrètement, pour l’Union Européenne, nous évoquerons ici rapidement  LIFE (L’Instrument Financier pour l’Environnement), qui, depuis 1992, est une des pièces maîtresses de la politique environnementale de l’Union Européenne. LIFE contribue à la mise en œuvre, au développement et au renforcement de la politique et de la législation environnementales communautaires, ainsi qu’à l’intégration des préoccupations environnementales dans les autres politiques européennes. Les bénéficiaires des projets LIFE sont des entreprises, petites, moyennes, grandes ou internationales, des autorités nationales ou locales, des ONG, des institutions de recherche et des organisations intergouvernementales. Le programme se divise en trois composantes, LIFE-Environnement, LIFE-Nature et LIFE-Pays-Tiers, chacune ayant un objectif bien spécifique. LIFE-Nature cofinance des projets visant à restaurer et conserver des habitats naturels menacés et des espèces protégées dans l’Union Européenne. Ces projets doivent se développer à l’intérieur du réseau Natura 2000. Ce réseau a été créé sur base de deux directives européennes. Il s’agit de la Directive 79/409 (aussi nommée Directive « Oiseaux ») qui concernait la conservation des oiseaux sauvages présents sur le territoire européen et de la Directive 92/43/CEE (aussi nommée Directive « Habitat ») qui s’occupe de la conservation des espèces animales et végétales et des habitats dans lesquels on les trouve.

Nous ferons enfin référence aux dernières normes ISO (International Standard Objectives), dont la norme ISO 14001, qui concerne spécifiquement la bonne gestion de l’environnement dans et autour des sites d’activités d’une entreprise. Certaines entreprises touristiques mettent en place un management  à la fois interne et à la fois dans leur environnement immédiat pour polluer moins, produire moins de déchet, moins de gaspillage et moins de bruit, pour plus de confort et plus de coresponsabilité environnementale entre ses clients et l’environnement, mais, comme le constatent  Jean-Pierre Lozato-Giotard (2006) et Marie-Françoise GODART (2006), le secteur touristique n’en serait qu’aux débuts balbutiants d’une telle politique.

 

1. 2. L’articulation de l’écotourisme avec les « 4 formes de capitaux »,

 

Dans la suite de notre analyse, quand nous serons amené à poser différents diagnostics sur la situation actuelle de l’entité couvinoise, nous le ferons, entre autres, en faisant appel au concept des « 4 formes de capitaux ». Cela est à situer dans la dynamique du développement durable. Selon les définitions consensuelles de référence et les mises en perspective communément admises, ce concept de développement durable signifie : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins ».

Comme nous l’apprennent Boulanger et Thomas (2003 : 20 à 23), on peut concevoir le développement durable comme reposant sur une combinaison de quatre stocks de capital estimés nécessaires pour la production durable des biens et des services nécessaires à la satisfaction des besoins : un capital produit ou manufacturé, un capital naturel, un capital humain, et un capital social. La richesse véritable d’un pays ou d’une région serait alors constituée de la combinaison agrégée de ces quatre grandeurs. Plus concrètement, de quels capitaux s’agit-il ?

 

-Le capital produit ou manufacturé, « réelle incarnation des découvertes technologiques » recouvrirait les artefacts produits par l’activité humaine, tels que, entre autres, les routes, les usines, les machines-outils, les réseaux de communication, les centrales électriques, etc. Il s’agit d’une catégorie assez hétérogène, car reprenant tant du capital industriel que du capital immobilier et que des infrastructures publiques.

- Le capital naturel  désigne l’ensemble des ressources énergétiques et des matières premières, présentes dans la nature, sous une forme soit non-renouvelable (énergies fossiles, certains minerais…), soit renouvelables (énergie solaire, énergie éolienne, eau, …), auxquelles s’ajoutent les processus naturels nécessaires aux fonctions vitales des espèces vivantes sur terre, dont notamment la production d’oxygène, d’air, d’eau, la fixation et la conversion de l’énergie solaire. Il est proposé de considérer ces fonctions comme un flux de services (le revenu), engendré par les stocks qui constituent le capital naturel (soleil, biomasse, sol, couche d’ozone, nappes phréatiques, etc.). Dans cette catégorie du capital naturel, il conviendrait de distinguer 3 sous-catégories, à savoir :

Ÿ Un capital non-renouvelable : les « stocks morts », ne s’accroissant pas, ne générant pas d’intérêts, se réduisant sans cesse inéluctablement au fur et à mesure des prélèvements faits par les générations humaines successives. On parle ici essentiellement, entre autres, du charbon, du pétrole, du gaz naturel, du plutonium.

Ÿ Un capital renouvelable : avec des stocks qui se maintiennent et se reproduisent en permanence, en produisant de la biomasse et des matières premières utilisées par l’Homme et par des espèces végétales ou animales : l’énergie solaire, le vent, les océans, les forêts primaires, les tourbières, etc.

Ÿ Un capital hybride dit « cultivé » : il se compose des éléments naturels domestiqués et transformés par l’Homme : les paysages agraires et forestiers, les espèces animales domestiquées, essentiellement. 

- Le capital humain est la somme des connaissances et des savoirs-faire accumulés, dont les vecteurs sont les êtres humains, accumulés et valorisés du fait de la transmission culturelle, de l’alphabétisation et de l’éducation. Connaissances primaires et spontanées de toute population, connaissances techniques et scientifiques, savoirs-faire des artisans. A cela s’ajouteraient les qualités de l’état nutritionnel et de l’état de santé des populations.

-Le capital social, enfin, tient compte des relations interpersonnelles, des réseaux sociaux et de toutes les formes de coopération entre individus et collectivités au sein d’une société donnée. Un capital social riche, de par la circulation aisée des informations, favoriserait un développement économique et, en même temps, dynamiserait la confiance et le respect d’une population vis-à-vis des normes sociales acceptées au sein d’une société donnée.

 

1. 3. Un essai de définition avec quelques principes directeurs

 

« Plusieurs définitions ont été données pour ce type de tourisme, mais la plupart sont en partie réductrices, et le fait d’énoncer une définition qui serait considérée comme étant la bonne risque d’établir un carcan qui limiterait certaines actions ». (GODART, 2006 : 99)

Divers auteurs, dont Laurent (2003), Lozato-Giotard (2006), Godart (2006) et Cazès (2006) préfèrent alors énoncer et circonscrire des principes que ce tourisme devrait respecter, la plupart ayant été initialement mis en œuvre à la charnière des années 1970-1980.  A la suite d’un article scientifique dû à Budowski en 1976[2], il semblerait que le concept d’écotourisme  ait été repris et étoffé dans les années 1980 au sein de la World Wildlife Fund – WWF – [3],  puis affiné et fortifié par différentes ONG et différents acteurs engagés (internationaux, nationaux, régionaux , locaux).  D’un avis assez généralisé parmi les ‘auteurs scientifiques’ – Laurent, Lozato-Giotard et Godart notamment –, il conviendrait d’accepter que « l’écotourisme s’applique à toutes les formes de tourisme dont le lien avec l’environnement naturel demeure essentiel, et qui essaient de respecter une éthique empreinte d’écologie et d’humanisme. » Dès lors, le concept d’écotourisme se définirait essentiellement par les objectifs recherchés, objectifs atteints par des pratiques que les ‘ parties prenantes’  vont  soit promouvoir, soit proscrire.

 

1.3.1. w Les principes promus, valorisés, préconisés

 le classement des propositions  qui suivent ne se veut  ni hiérarchique ni exhaustif :

- 1 : un contact direct avec la nature et son environnement humain proche 

- 2 : la protection et la conservation des patrimoines naturels et culturels co-existants, avec une interprétation « pédagogique » de ces patrimoines, dans une logique « éducative »

- 3 : cette logique éducative  concernera autant les touristes, qui seront « initiés ou formés » par des agents touristiques spécialisés – des guide-nature notamment, ou des accompagnateurs et/ou des accueillants  locaux formés ou spécialisés –, et autant les « autochtones accueillants », qui connaîtront le mieux possible les caractéristiques environnementales et socio-culturelles de leur localité ou région, afin de proposer aux touristes une lecture pédagogique et « personnalisée » de l’environnement rencontré : cela requiert alors des politiques globales ou interactives entre gouvernements, industries, ONG et/ou milieu associatif notamment 

- 4 : le respect des coutumes et des traditions des gens visités, en étant conscient des différences culturelles, afin de les respecter ;

- 5 : la contribution au maintien de la biodiversité locale et régionale : par des retombées négatives limitées et les plus faibles possibles – le risque zéro n’existant pas – sur l’environnement

- 6 : la visite des milieux  et des sites avec, sur eux,  un impact le plus faible possible, voire neutre : par la pratique d’un tourisme individuel et/ou en petits groupes, en excluant toute massification de la pratique touristique 

- 7 : la participation active et bénéfique au bien-être des populations locales en leur procurant prioritairement des avantages socio-économiques, par la création d’emplois et de sources de revenus  les plus locaux possible, afin de promouvoir un développement socio-économique local et autochtone

- 8 : la promotion de comportements moraux et éthiques en matière de protection de l’environnement naturel et culturel : notamment, par l’utilisation de produits durables, biodégradables et renouvelables – tant dans les locaux construits que dans les ustensiles et équipements utilisés – et par la récolte responsable des déchets, en les rapportant dans les lieux prévus à cet effet 

- 9 : l’utilisation de moyens de transport adaptés à l'activité pratiquée, en privilégiant notamment le covoiturage et/ou des transports non polluants, ou les moins polluants possible, et le maintien des véhicules motorisés en bon état pour en réduire la pollution

 

1.3.2. Ÿ Les principes évités, proscrits, voire interdits

le classement des propositions  qui suivent ne se veut  ni hiérarchique ni exhaustif :

Ÿ 1 : la prolifération des  « murs de béton » : immeubles et résidences, bungalows et chalets, hôtels et restaurants bâtis « en ligne », avec prolifération de zones de parking pour parcs automobiles , donnant naissance à une logique urbanistique   que l’on a qualifiée de « baléarisation » ou « marbellisation » 

Ÿ 2 : la saturation de la fréquentation de ces stations ‘baléarisées’, saturation qui provoque des déséquilibres en alimentation d’eau et en rejets d’eaux usées et de déchets divers, suscitant des déséquilibres  et des dommages parfois irréversibles dans les écosystèmes locaux – déséquilibres pour la qualité des eaux de surface et des nappes phréatiques, notamment – 

Ÿ 3 : l’envahissement du patrimoine foncier par des lotissements de résidences secondaires qui, sans respecter les codes architecturaux locaux, viennent grignoter l’espace initial d’une localité : on parlera alors de « mitage », c’est-à-dire la diffusion anarchique d’équipements et d’hébergements touristiques dans un espace rural, au détriment de l’espace agricole ou naturel ; ce mitage ou « grignotage » agissant comme un consommation abusive et anarchique du territoire local, y provoquant non seulement modification mais surtout altération

Ÿ 4 : le  dépassement de la capacité de charge touristique (fréquentation maximale que peut supporter  un site d’accueil touristique avant de provoquer des déséquilibres et des dégradations environnementales irréversibles) 

 

1.4. Synthèse : les patrimoines écotouristiques à prendre en considération comme ressources en vue d’un développement local pour répondre aux demandes des écotouristes.

 

Dès lors, en combinant adéquatement et judicieusement les principes qui valorisent l’écotourisme avec les principes de ce qui lui serait  préjudiciable,  l’écotourisme devrait aboutir à ‘une défense et une promotion’ de différents patrimoines locaux, dont :

- 1 : la faune et la flore à la fois comme éléments du décor paysager spécifique à l’image touristique promotionnelle d’une région, à la fois comme facteurs d’animation pédagogique et de découverte, et à la fois comme patrimoine environnemental fondamental de l’Humanité 

- 2 : divers patrimoines architecturaux ou paysagers autres que ceux qui bénéficient des repérages et des catalogages  hiérarchisants  des guides touristiques traditionnels – les fameuses étoiles ou mentions utilisées dans le guide Michelin, par exemple –

- 3 : le patrimoine historique, en étroite liaison avec le patrimoine socio-culturel : la construction chronologique d’une région, de ses us et coutumes, des influences politiques qu’elle a connues, de son histoire économique, voire industrielle, tout cela ayant façonné et influencé son propre paysage naturel et construit

- 4 : l’originalité ou la singularité des sites,  soit naturels, soit humanisés ou construits – bâti soit de caractère, soit chargé historiquement – : tout paysage (critère culturel) s’inscrit dans un site (critère naturel), c’est-à-dire dans une sorte d’écrin géomorphologique et géologique naturel dont il dépend très étroitement et dont il n’est en fait que la composante visible et superficielle 

- 5 : des pratiques qui appartiennent  au patrimoine dit folklorique, le plus souvent appartenant aux traditions et arts populaires, sans tomber pour autant dans les pièges de la « folklorisation outrancière et dénaturante » ;

- 6 : des pratiques qui appartiennent aux traditions agricoles et pastorales locales, encore une fois sans tomber dans les pièges des pastiches ou des reconstitutions folklorisantes qui sonnent faux,  donc en évitant la « sanctuarisation » excessive

- 7 : des autres secteurs socio-économiques proches de l’espace environnemental naturel : plus spécifiquement, en espace rural, les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’exploitation forestière et des produits dérivés qui en découlent, dont les produits de la gastronomie et de l’artisanat, notamment

- 8 : le patrimoine bâti déjà existant, dit de caractère, ou chargé historiquement, considéré alors comme « ressource-socle »  en faveur de l’accueil et de l’hébergement, cela permettant  de respecter les optima de charge, d’éviter  la marbellisation et la destruction de la qualité paysagère, et permettant alors de répartir de manière équilibrée, dans un «bâti diffus » - certes parfois à rénover ou à améliorer –  le flux des touristes demandant un accueil ou un hébergement.

 

1.4.1. Critères permettant de caractériser la demande écotouristique par rapport aux ressources écotouristiques d’un territoire visité :

        

A. Critères permettant de caractériser le patrimoine et les ressources écotouristiques

d’un territoire.

1. Patrimoine naturel

1. Qualité paysagère

 

2. Faune

 

3. Flore

 

4. Biodiversité

 

5. Sites remarquables ou de grand intérêt biologique

2. Patrimoine socio-culturel

1. Histoire

 

2. Culture, us et coutumes, traditions

 

3. Folklore

 

4. Gastronomie

 

5. Artisanat

3. Patrimoine bâti

1. Chargé historiquement

 

2. De caractère (typique, pittoresque)

4. Patrimoine hybride : bâti/naturel

1. Agriculture

 

2. Elevage

 

3. Exploitation forestière

 

B. Principaux axes de la demande des écotouristes par rapport à un territoire visité.

1. Contacts proches et personnalisés avec la nature, la biodiversité et l’environnement socio-culturel

2. Découverte pédagogique et/ou ludique des ressources écotouristiques du territoire

3. Accueil, hébergements et animations écotouristiques par des accueillants, hébergeants et animateurs (professionnels et/ou bénévoles) qui sont formés connaissant bien leurs patrimoines locaux

4. Pratiques de découvertes et d’hébergements respectueuses de l’environnement et des écosystèmes locaux

 

Extraits de mon mémoire de Master en Politiques Economiques et Sociales ( UCL, FOPES, 2O11)

Luc Thomé



[1] Le tourisme, qui est une activité multidisciplinaire, a sa place dans les priorités définies par le PNUD, ou « Programme des Nations Unies pour le Développement » : environnement, utilisation optimale des ressources naturelles, élimination de la pauvreté, amélioration de la gestion des entreprises, contribution des femmes au développement, etc.

[2] Consulter : BUDOWSKI, G. (1976). «Tourism and Environmental Conservation : Conflict, Coexistence, or Symbiosis , Environmental Conservation, vol. 3, n° 1, p. 27-31

03/12/2012

Tourisme à Couvin ? Soigner d'abord l'accueil visuel !

 

Quel projet touristique pour Couvin ?

D’abord, soigner l’accueil visuel !

Et notamment en plein centre historique du « Vieux Couvin » …

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J’en appelle de façon citoyenne à nos tout récents élus qui désormais vont siéger au Conseil Communal et au Collège !

Quand et comment allez-vous prendre des mesures réelles pour soigner l’aspetc visuel du Centre de Couvin ?

Quand et comment allez-vous soigner les chancres qui déparent notre patrimoine bâti historique ?

Quand et comment allez-vous gérer - prévenir et/ou sanctionner - la délinquance de rue qui détruit et détériore nos installations ?

 

Luc THOMÉ

 

Master en Politiques Economiques et Sociales

Membre actif au sein du MR couvinois.

Le Tourisme comme moteur couvinois ?

 

Pourquoi le tourisme

comme moteur de renouveau socioéconomique à Couvin ?

 

Dans une économie polyvalente bien planifiée et bien gérée, le secteur du tourisme peut représenter de 5 à 10 % du volume d’emplois, ainsi que de la création de richesse – que l’on pourrait dans le cadre de Couvin appeler « produit local brut » -.

 

En termes de « capitaux », notre entité possède de nombreux atouts pour construire les bases d’un tourisme créateur non seulement d’emplois, de richesse, mais aussi de cadre de vie agréable et de qualité pour l’ensemble de nos concitoyens.  Actuellement,  ces « capitaux » de base, bien présents, sont pourtant malheureusement insuffisamment exploités et  mis en valeurs : Couvin manque de visibilité vers l’extérieur, Couvin croit trop peu en ses capacités à attirer et à fidéliser une clientèle touristique.

 

Quels sont nos « capitaux » de base ? Un capital naturel et paysager exceptionnel (Thiérache, Calestienne et Fagne). Un capital humain : des entreprises locales avec des entrepreneurs dynamiques, des agriculteurs courageux dans l’espace de la Politique Agricole Commune, des commerçants, des artisans, des artistes. Un capital social d’une très grande richesse : un secteur associatif  diversifié, dense, avec des pratiquants et des bénévoles dynamiques et actifs. Un capital spécifiquement touristique qui peut se décliner dans un capital bâti architectural soit historique – Couvin, Mariembourg - , soit pittoresque , avec chacun des villages de l’entité, sans oublier un capital gastronomique, un capital folklorique, et bien évidemment un capital culturel au gré de l’Histoire, avec des personnages marquants.

 

Mais ces capitaux manquent de visibilité et sont sous-exploités.

Certes, l’Administration Communale possède et gère, pour ses rentrées financières « à l’ordinaire », les exploitations des Grottes de Neptune et de l’Abri d’Hitler. C’est bien, mais c’est trop peu !

 

Couvin doit développer une « politique touristique » nettement plus ambitieuse : redonner à l’entité sa caractéristique d’antan comme lieu de villégiature, de repos et de détente dans un cadre naturel sain et de qualité, et profiter de l’opportunité du « contournement » pour se positionner  comme VILLE ETAPE sur le chemin, aller et/ou retour, des vacanciers.

 

Des chantiers peuvent alors se dégager pour construire un tourisme de qualité, qui soit créateur d’emplois locaux, aves des retours immédiats tant pour la Commune que pour les investisseurs privés. Brièvement : création de vrais sentiers de randonnées, avec des guides spécialisés pour les animer ; redynamisation de l’HORECA, avec une augmentation des lits et des tables de restauration, soit avec des hôtels/restaurants, soit avec un réseau de gîtes labellisés ( tables d’hôtes, chambres d’hôtes , gîtes à thèmes) , mise en valeur de nos artisans et de nos artistes, et création d’espaces muséaux qui enfin rendront honneur à notre glorieux passé spécifique : celui des fonderies, du travail du bois, des raquettes, notamment. Enfin, une politique globale d’entretien, de restauration et de promotion de notre patrimoine bâti architectural et historique permettrait de donner à Couvin, Mariembourg  et les villages un attrait non négligeable de cadre de qualité qui attire puis fidélise la clientèle touristique.

 

Ceci dresse très succinctement les grands axes d’une valorisation touristique de notre entité communale. Je me tiens à la disposition de tout qui voudrait prendre connaissance de mon mémoire universitaire concernant la problématique (une version en pdf est disponible).

 

 

Luc Thomé

Master en Politiques économiques et sociales